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A quoi pensent-ils ?

Nous pourrions croire que ce qui se passe dans la tête dans d’un sportif avant « d’entrer en scène » et de se mettre en action est une vaste nébuleuse effervescente...

Et pourtant, les témoignages des sportifs et les nombreuses études scientifiques confirment l’importance des pensées pendant la phase de concentration. L’orientation qu’elles prennent, grâce à un discours interne positif, peut d’ailleurs s’avérer déterminante dans le déroulement des événements.

 

Une routine compétitive

Dans le contexte particulier d’une compétition, la période qui précède l’action est une charnière importante dont il faut soigner les détails et la progressivité... Que ce soit en golf, en football ou en judo, nous pouvons associer ce moment au petit laps de temps dont on dispose avant de d’entrer vraiment en action : marcher vers le trou suivant, pénétrer sur le terrain, monter sur le tatami... Cet « intervalle temporel », dont tout sportif bénéficie avant l’action, doit être utilisé pour élever sa concentration et sa confiance à un niveau optimal. Cette recherche de « conditionnement pré-compétitif » est étroitement liée à une certaine cohérence entre le niveau d’activation* et la gestion des émotions.

L’objectif est de se placer dans un état mental qui permet de ressentir une certaine légèreté au moment de rentrer dans l’action. Cette phase peut être propice à de nombreuses distractions et il existe plusieurs méthodes qui permettent de se placer dans les meilleures conditions.

Nous verrons comment l’organisation d’une routine** avant l’action est déterminante pour la réussite et pour illustrer nos propos, nous prendrons l’exemple du judo.

Que ce soit à l’approche d’un premier tour ou du combat pour la finale, la phase de préparation est importante car elle permet de se mettre en « état de produire ». Dans le contexte spécifique d’un sport d’opposition comme le judo, cette entrée mentale dans le combat repose sur une focalisation de l’attention sur l’ensemble des données et des stratégies qui permettront d’être efficace. Cette démarche vise à réduire l’anxiété d’avant match, pouvant être naturellement ressentie par tout compétiteur. Elle doit donc être principalement centrée sur soi et devra respecter un équilibre émotionnel et énergétique.

La routine, que nous pouvons considérer comme une période d’isolement temporaire, doit pouvoir s’adapter aux contraintes de la discipline. En judo, la programmation d’un combat dépend de l’issue des matchs précédents et il semble plus judicieux de définir un protocole assez court. Paradoxalement, la routine doit être très organisée et suffisamment souple pour pouvoir être utilisée selon des conditions prévisibles ou imprévisibles (changement de tapis, indisponibilité du coach, modification de l’ordre des combats, etc).

L’idée est donc d’articuler une programmation comportementale stable à une activité mentale prédéfinie en se fixant des objectifs précis.

Comment construire sa routine ?

Il est important d’identifier les moments que vous jugez comme étant les moments clés de la phase qui précède tes combats. Ensuite, vous devez définir un protocole réutilisable dans le temps (afin de stabiliser cette mise en train mentale) qui peut intégrer différentes étapes associées : isolement (musical ou non), respiration, étirements, discours interne...

Il est évident qu’une routine vise à vous projeter dans les meilleures conditions mentales possibles donc le discours interne qui est utilisé doit tendre à être positif. Si certaines pensées négatives sont présentes à un moment donné, vous devez les laisser passer sans vous en préoccuper et ne pas essayer de lutter contre. Au contraire, en les acceptant, il sera plus facile de construire un dialogue interne fort.

Pour mieux comprendre cette équation, voici un exemple de protocole d’un sportif de haut niveau, membre de l’équipe de France de judo.

Comme nous pouvons le constater, chaque action et chaque orientation du discours interne ont un objectif précis et visent à placer l’athlète dans un état mental voulu.

Concrètement, le but est « une mise en route » avant de monter sur le tapis avec un protocole qui est à la fois rassurant et motivant.

Cette articulation personnelle ne doit pas être testée le jour d’une compétition majeure mais elle doit être l’œuvre d’un travail minutieux élaboré avec beaucoup de précision et rodé pendant certaines compétitions de préparation.

Attention aux fausses croyances !

Une routine ne remplace pas un volume d’entraînement ou un échauffement... Elle correspond à une entrée mentale dans la compétition.

L’état de bien-être que l’on peut ressentir avant de monter sur le tapis peut déjà le témoin que la routine utilisée est efficace.

* L’activation est un processus déterminé par un ensemble de réponses nerveuses et de ce fait, dépendante de nombreux facteurs telles que l’intensité de l’effort physique, la température extérieure et également de certaines émotions, le plus souvent négatives, comme l’anxiété, la peur ou l’intérêt porté à la tâche à réaliser...Afin de mobiliser l’ensemble de ses ressources psychologiques, un sportif doit ajuster son niveau d’activation, à la manière d’un curseur qu’il déplacerait, pour optimiser son état de performance.

** Une routine est une succession des pensées et des comportements permettant au sportif de se rapprocher de l’état final adapté à la production d’une performance.

 

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